Le rapport sur la refondation de l’articulation entre l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et les complémentaires santé a fait réagir les acteurs du secteur. Les Libéraux de Santé (LDS) en approuvent certaines propositions et en rejettent d’autres. La Mutualité Française, elle, demande que le sujet soit discuté par tous les intéressés.
Les LDS jugent positives plusieurs orientations : l’abandon de la « Grande Sécu », la volonté de limiter le panier de soins aux actes dont l’efficacité a été évaluée par la Haute Autorité de santé, et l’idée de consacrer au moins 2 % des cotisations des complémentaires à une prévention évaluée. Ils soutiennent aussi une évolution du tiers payant complémentaire et réclament plus de transparence sur les rejets et les délais de paiement.
L’organisation s’oppose en revanche à rendre obligatoire la signature de l’UNOCAM pour les conventions concernant une profession financée en tout ou partie par les complémentaires. À ses yeux, cette disposition donnerait à l’UNOCAM un droit de veto sur les conditions d’exercice de plusieurs professions de santé. Les LDS refusent également que le financement total ou majoritaire de certains secteurs, « tels que l’audiologie », soit transféré aux complémentaires. Ils invoquent un risque de dumping tarifaire, de dégradation de la qualité des soins et de financiarisation.
La Mutualité Française accueille « avec intérêt » les conclusions de la mission et appelle à une discussion associant l’ensemble des parties prenantes. Selon elle, les propositions du rapport demandent des instructions approfondies, pour en mesurer les modalités de mise en œuvre et les conséquences pour les assurés, les professionnels et le système de santé.
Elle souligne que les différentes dimensions envisagées, répartition des responsabilités entre financeurs, couverture, prévention, gouvernance, sont interdépendantes et ne peuvent pas être traitées séparément. Elle se dit prête à dialoguer avec les complémentaires, l’Assurance maladie, les professionnels de santé, les représentants des patients et les pouvoirs publics sur l’évolution des missions et des responsabilités des organismes complémentaires.
Les LDS demandent pour leur part à être étroitement associés aux travaux que le gouvernement doit engager après le rapport. Ils rappellent que, selon eux, les tarifs opposables doivent rester fixés dans un cadre national, transparent et négocié entre l’Assurance maladie et les syndicats représentatifs.
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