Une équipe de chercheurs de l’Université de Pennsylvanie apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes de la maladie de Ménière. Grâce à la plus importante analyse génétique menée à ce jour sur cette pathologie de l’oreille interne, les scientifiques suggèrent que la maladie pourrait trouver une partie de son origine dès le développement embryonnaire de l’oreille.
Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a passé au crible les données génétiques de près de 9 000 personnes atteintes de la maladie et de près de 2 millions de témoins, issues de cinq grandes biobanques. Les chercheurs ont identifié cinq régions du génome associées à un risque accru de développer la maladie de Ménière, caractérisée par des épisodes de vertiges, une perte auditive fluctuante, des acouphènes et une sensation de pression dans l’oreille.
Les résultats mettent en évidence deux mécanismes biologiques majeurs. Le premier concerne des gènes impliqués dans la formation de l’oreille interne au cours du développement, tandis que le second est lié au métabolisme de l’acide rétinoïque, une molécule essentielle à la croissance et au maintien des tissus de l’oreille. Ces observations renforcent l’hypothèse selon laquelle une prédisposition génétique, présente très tôt dans la vie, pourrait favoriser l’apparition de la maladie à l’âge adulte.
Selon les auteurs, ces découvertes ouvrent des pistes prometteuses pour mieux comprendre les causes de cette affection encore mal connue. À plus long terme, elles pourraient déboucher sur des outils de diagnostic plus précoces et des traitements ciblant les mécanismes biologiques en jeu. Mais il faudra encore mener des travaux supplémentaires pour confirmer ces voies de recherche.
Sources : Hearing Health & Technology Matters ; Penn Medicine ; The American Journal of Human Genetics.
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