En France, selon l’étude EuroTrak 2025, 76 % des adultes atteints de surdité sévère à profonde sont aujourd’hui appareillés. Un chiffre qui illustre la performance du système de santé français en matière d’accès aux aides auditives. Pour autant, cette réussite quantitative ne garantit pas toujours une prise en charge optimale. La publication du livre blanc « La surdité sévère à profonde chez l’adulte en France », avec le soutien de Cochlear, apporte un éclairage précieux sur les forces et les limites du parcours de soins actuel. Élaboré par un collectif pluridisciplinaire réunissant ORL, audioprothésistes, orthophonistes et cliniciens, ce document dresse un état des lieux complet de la prise en charge des surdités sévères à profondes chez l’adulte. Il met en évidence une réalité contrastée : si l’appareillage est largement accessible, le diagnostic reste souvent tardif et l’orientation vers les solutions les plus adaptées demeure inégale selon les territoires et les pratiques professionnelles. L’un des constats majeurs concerne l’information des patients. Alors que l’implant cochléaire constitue une option thérapeutique efficace pour de nombreux patients sévères à profonds, il demeure encore insuffisamment connu. Une large majorité de patients appareillés déclarent n’avoir jamais été informés de cette possibilité par un professionnel de santé. Pour près d’un patient implanté sur deux, cette information n’intervient qu’après plusieurs années d’évolution de la surdité, retardant l’accès à une réhabilitation auditive optimale. Le livre blanc souligne également la complexité d’un parcours encore trop fragmenté. L’absence de dépistage systématique chez l’adulte, la pénurie d’ORL dans certaines régions et la coordination parfois limitée entre médecine de ville et centres spécialisés contribuent à allonger les délais de prise en charge. Le suivi post-appareillage et post-implantation apparaît pourtant déterminant, tant pour l’adaptation des réglages que pour la rééducation et l’appropriation durable des dispositifs. Sur le plan organisationnel, le rôle des centres d’implantation cochléaire est central, mais leur répartition territoriale reste inégale. Les contraintes géographiques, la disponibilité des équipes et l’accès aux blocs opératoires constituent encore des freins pour certains patients, accentuant les disparités régionales. Face à ces constats, les auteurs formulent 11recommandations structurées autour de quatre priorités : renforcer la formation et l’information des professionnels de proximité, améliorer le repérage précoce, mieux accompagner les patients et leur entourage, et optimiser l’organisation et la coordination des parcours.
Le livre blanc est disponible ici.
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