La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a présenté hier les orientations de la feuille de route 2026‑2028 à l’issue des Assises nationales de la télémédecine. Objectif : redonner un élan à une pratique largement diffusée depuis la crise sanitaire mais dont la progression s’est ralentie. Menées tout au long de l’année 2025 par le ministère de la Santé et l’Assurance maladie, les Assises ont réuni plus de 1 000 participants lors de 7 ateliers organisés dans 8 régions, en métropole et en Outre‑mer. Auditions et contributions écrites ont permis de dresser un diagnostic partagé des usages et des freins au développement. Après un pic de 17 millions de téléconsultations en 2020, l’activité s’est établie à 14 millions en 2025, pour 270 000 télé‑expertises. Chaque mois, plus de 17 000 médecins généralistes, soit un sur trois, utilisent la téléconsultation. Un niveau jugé encore insuffisant au regard des besoins d’accès aux soins. La stratégie présentée repose sur plusieurs priorités. Elle vise d’abord à renforcer la formation des professionnels et à mieux structurer les pratiques afin d’améliorer la qualité des prises en charge. La télémédecine doit également être davantage intégrée aux parcours de soins, grâce à de nouvelles recommandations des sociétés savantes et au développement de la télé‑expertise entre la médecine de ville et les spécialités. Les pouvoirs publics entendent par ailleurs cibler en priorité les patients sans médecin traitant, les territoires sous‑dotés et les personnes isolées. Des aménagements réglementaires sont envisagés pour faciliter l’accès à la téléconsultation dans ces situations, notamment par un assouplissement encadré de certaines règles d’activité. En parallèle, un encadrement renforcé est prévu pour prévenir les dérives, avec un contrôle accru des lieux d’implantation des équipements et une déclaration préalable auprès des agences régionales de santé. Le ministère souhaite enfin développer l’accès à l’expertise spécialisée dans les territoires, en particulier au sein des futures maisons France Santé, afin de mieux articuler soins de proximité et établissements hospitaliers. Selon la synthèse officielle des Assises, cette feuille de route doit permettre de sécuriser les pratiques tout en inscrivant durablement la télémédecine dans l’organisation du système de santé.
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