L’Académie de médecine tire la sonnette d’alarme sur les dérives du 100 % santé dans le domaine de l’audition. Tout en reconnaissant que ce dispositif a amélioré l’accès aux soins, elle met en garde contre ses effets secondaires. Dans un communiqué publié le 5 mai 2026, l’institution estime que la réforme, appliquée aux audioprothèses depuis 2021, a ouvert la voie à des pratiques frauduleuses, à des excès commerciaux et à une hausse inquiétante des dépenses de santé.
Aujourd’hui, ce dispositif permet aux patients de bénéficier d’aides auditives de classe I sans reste à charge, grâce à un financement partagé entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé. L’Académie reconnaît que cela a permis à de nombreux malentendants, en particulier les plus vulnérables, de s’équiper. Mais elle souligne aussi un « effet d’aubaine » pour les laboratoires d’audioprothèse, dont les ventes ont bondi depuis 2020.
Parmi les dérives identifiées : des fraudes à répétition — faux professionnels, prescriptions falsifiées ou obtenues de manière abusive, notamment en EHPAD — ainsi qu’une explosion de campagnes publicitaires jugées trop agressives. L’Académie note aussi que 40 % des premières prescriptions ne sont pas réalisées par des médecins habilités. Elle dénonce en outre des renouvellements d’appareils proposés systématiquement après la période de garantie de quatre ans, sans réelle nécessité médicale.
L’institution s’inquiète également du coût croissant pour l’Assurance maladie et les mutuelles, dans un contexte de vieillissement de la population et de hausse du taux d’équipement auditif.
Face à cette situation, l’Académie nationale de médecine recommande une évaluation indépendante du service médical rendu par les aides auditives, ainsi qu’un contrôle renforcé des prescriptions et renouvellements via leur numérisation sur la plateforme AmeliPro. Des propositions qui rejoignent celles déjà formulées par plusieurs organismes publics, comme l’Inspection générale des affaires sociales et la Cour des comptes.
recevoir les dernières infos, inscrivez-vous à notre newsletter.


Commentaires fermés.