Selon le modèle de microsimulation Ines-Omar de la Direction de la recherche, des
études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), le reste à charge moyen après
remboursement de l'assurance maladie obligatoire s'élève à 610 euros par personne
en 2023. Une fois la part de l'assurance maladie complémentaire intégrée, ce
montant résiduel tombe à 150 euros en moyenne. Les données publiées par la
Drees démontrent que la liberté tarifaire, constituée des dépassements d'honoraires
et des suppléments sur les équipements, représente la part majeure de ce reste à
charge avec 120 euros. Malgré l'application de la réforme du 100 % santé destinée à
garantir un reste à charge nul sur des paniers sélectionnés, les postes liés aux
prothèses auditives, optiques et dentaires concentrent à eux seuls près de la moitié
du reste à charge final des patients après intervention des complémentaires. La
Drees précise en effet que le recours au panier protecteur du 100 % santé n'est pas
systématique en audiologie, et s'avère même très restreint en optique, où il ne
représente que 7 % de la dépense en verres. Les constats de l'organisme public
mettent en évidence une augmentation de ces frais résiduels selon deux critères
précis : l'avancement en âge et le niveau de vie des assurés.
Les statistiques de la Drees détaillent une progression constante des frais à la
charge des patients selon leur tranche d'âge. Le reste à charge annuel moyen après
remboursement complémentaire s'établit à 80 euros pour les 20-39 ans, à 150 euros
pour les 40-59 ans, à 222 euros pour les 60-69 ans, et culmine à 289 euros pour les
personnes âgées de 70 ans ou plus.
Pour ces assurés de 70 ans et plus, la décomposition par poste de soins met en
lumière l'impact direct des dispositifs médicaux : le reste à charge moyen comprend
50 euros pour l'optique, 50 euros pour les prothèses dentaires et 44 euros
spécifiquement pour les prothèses auditives. Les publications de l'organisme
soulignent à ce titre que l'acquisition d'audioprothèses a fortement augmenté entre
2019 et 2023, concentrant les dépenses et le reste à charge de ce poste chez les
plus de 70 ans. Les analyses de la Drees attribuent notamment cette hausse du
reste à charge global à l'évolution des conditions de couverture lors du départ à la
retraite, les seniors perdant le bénéfice des contrats collectifs d'entreprise pour
souscrire à des contrats individuels aux garanties souvent moins avantageuses sur
les postes techniques.
Les indicateurs de la Drees révèlent également de fortes disparités selon les
ressources des ménages. Ainsi, sur le poste des prothèses auditives, dentaires et
des consultations médicales, le reste à charge moyen des 10 % les plus aisés est six
à sept fois plus élevé que celui des 10 % les plus modestes. L'analyse détaillée par
déciles montre que le reste à charge en audioprothèse est presque nul pour le
premier dixième de la population avec seulement 3 euros en moyenne, alors qu'il
progresse de manière linéaire avec le niveau de vie. À l'échelle de la population, la
Drees souligne une forte concentration de l'effort financier puisque 20 % des assurés
supportent 80 % du reste à charge total après intervention des complémentaires
santé.

Concernant les patients en Affection de Longue Durée (ALD), l'exonération du ticket
modérateur n'exclut ni les franchises ni la liberté tarifaire : leur reste à charge moyen
après complémentaire s'élève à 240 euros, et atteint 866 euros en moyenne pour les
20 % d'entre eux confrontés aux charges les plus élevées. Enfin, l'étude précise que
pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, le reste à charge moyen
n'est pas nul mais s'établit à 30 euros, une somme composée majoritairement par la
liberté tarifaire appliquée sur les dispositifs médicaux et les soins dentaires.
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