La Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier ses toutes premières recommandations pour améliorer le diagnostic et la prise en charge des adultes souffrant d’acouphènes chroniques invalidants. Face à un manque de parcours de soins clair et à l’errance médicale que vivent trop souvent les patients, l’institution mise sur une approche sur mesure, coordonnée et pluridisciplinaire, centrée sur les besoins de chacun.
Les acouphènes touchent entre 10 et 19 % des adultes en France. Leur fréquence augmente avec l’âge, et leurs conséquences peuvent être lourdes : troubles du sommeil, difficultés de concentration, anxiété, voire isolement social.
Pour améliorer les choses, la HAS propose un parcours diagnostique structuré. Celui-ci commence par une consultation chez le médecin généraliste, qui recueille l’historique des symptômes et recherche d’éventuels signes de gravité. Ensuite, un bilan ORL avec des examens auditifs est préconisé pour caractériser les acouphènes, et si besoin, des examens d’imagerie comme une IRM peuvent être réalisés. L’évaluation de l’impact sur la qualité de vie, à l’aide d’outils validés comme le questionnaire Tinnitus Handicap Inventory (THI), est également une étape essentielle.
Après ce bilan, une consultation de synthèse doit permettre d’expliquer au patient les mécanismes des acouphènes, de le conseiller sur son environnement sonore et de définir avec lui la stratégie thérapeutique la plus adaptée.
La HAS insiste sur une prise en charge qui repose sur une collaboration étroite entre médecins généralistes, ORL, audioprothésistes, psychologues et autres professionnels, selon les besoins. Cette approche doit se fonder sur une décision médicale partagée et être régulièrement réévaluée en fonction de l’évolution des symptômes et de leur retentissement.
Côté traitements, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont les seules dont l’efficacité est aujourd’hui prouvée pour réduire la détresse liée aux acouphènes. Selon les cas, des thérapies sonores ou, plus rarement, un implant cochléaire peuvent aussi être envisagés. En revanche, la HAS ne recommande pas les techniques de neuromodulation, l’acupuncture, la thérapie par laser, les médicaments ou les compléments alimentaires spécifiquement destinés aux acouphènes, faute de preuves scientifiques solides. Des approches comme la sophrologie ou l’hypnose peuvent toutefois être proposées en complément pour mieux gérer le stress, l’anxiété ou les troubles du sommeil.
Enfin, l’autorité sanitaire souligne le rôle clé des associations de patients et de la pair-aidance, qui peuvent accompagner les personnes concernées tout au long de leur parcours, tout en les sensibilisant aux pratiques non conventionnelles dont l’efficacité n’a pas été démontrée.
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