En 2026, les mutuelles santé étaient censées ne pas augmenter leurs tarifs, comme l’imposait la loi de financement de la Sécurité sociale. Mais sur le terrain, c’est tout le contraire : presque partout, les cotisations grimpent. Une enquête* réalisée auprès de 4 200 assurés révèle que 98,52 % d’entre eux ont vu leur mutuelle augmenter cette année, malgré le cadre légal. En moyenne, la hausse atteint 106 euros par an, avec une médiane à 56,50 euros. Certains cas sont bien plus lourds : jusqu’à 2 000 euros pour des assurés seuls, et environ 198 euros pour les couples. Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance de fond : les hausses moyennes du secteur tournent entre 4,5 % et plus de 6 % en 2026, pouvant dépasser 10 % selon les contrats. Les retraités sont particulièrement touchés, avec des cotisations déjà élevées – autour de 1 548 euros par an à 65 ans et près de 1 969 euros à 75 ans, avant même ces augmentations. Théoriquement, ces hausses sont illégales. Pourtant, la situation reste inchangée pour la plupart des assurés : 92 % d’entre eux n’ont obtenu aucune régularisation, même après avoir contesté. Ce vide illustre les limites du dispositif, faute de mécanisme clair pour obliger les mutuelles à respecter le gel des tarifs. Les complémentaires santé justifient ces augmentations par la hausse des dépenses de santé, le transfert de certains coûts depuis l’Assurance maladie, ou encore l’augmentation des prestations en optique, dentaire et audioprothèse. Elles évoquent aussi une incertitude juridique, certaines estimant que le gel ne s’applique pas à tous les paramètres tarifaires. Face à ce flou, le gouvernement a saisi le Conseil d’État pour clarifier la portée réelle de la loi. Cette instance devra trancher si ces hausses sont conformes ou non au cadre légal, et préciser les conditions d’application du gel. En attendant, aucune sanction généralisée n’a été prise, et les assurés continuent, pour la plupart, de subir des cotisations en hausse.
* Enquête menée par le comparateur Selectra, à partir de témoignages d’assurés. Elle repose précisément sur plus de 4 200 réponses collectées entre janvier et mars 2026. À noter qu’une autre source indépendante confirme des résultats très proches : l’association de consommateurs UFC-Que Choisir évoque elle aussi une enquête basée sur environ 4 000 témoignages, avec le même constat d’environ 98,5 % d’assurés concernés par une hausse.
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