La FNEA vient de publier son enquête 2026 sur le logement des étudiants en audioprothèse. Menée début 2026 auprès de 96 étudiants issus de 55 associations, elle révèle une précarité structurelle, aggravée par la pénurie de logements abordables et la flambée des loyers.
Les répondants sont majoritairement des femmes (76 %) et plus des trois quarts ne sont pas boursiers. Le loyer moyen atteint 528 € par mois. Seulement 7 % d’entre eux ont accès à un logement Crous, alors que le parc privé coûte en moyenne 180 € de plus chaque mois. Avec une place pour 17 étudiants, l’offre du Crous est clairement insuffisante.
Les conséquences financières sont lourdes. Après avoir payé leur loyer, 43 % des étudiants disposent de moins de 150 € pour vivre, et 22 % de moins de 100 €. Près de la moitié doivent travailler en parallèle de leurs études, tandis que deux tiers dépendent encore de leurs parents pour se loger. Les aides au logement, perçues par 71 % des répondants, ne suffisent pas à compenser l’envolée des dépenses.
Les conditions de vie aggravent les inégalités. Près d’un tiers des étudiants se considèrent en situation de mal-logement. Parmi les problèmes les plus fréquents : pas de connexion internet stable (38 %), nuisances sonores (35 %), logements mal isolés (26 %) ou présence de moisissures (8 %). Plus d’un quart n’osent pas recevoir chez eux, et 28 % ont déjà subi une discrimination lors de leur recherche. Enfin, 84 % estiment que leur logement n’est pas adapté aux personnes handicapées.
Les stages, obligatoires dans cette filière, compliquent encore la situation. 41 % des étudiants doivent payer plusieurs loyers en même temps, et 17 % ont dû déménager en cours d’année à cause d’un stage. Certains enchaînent jusqu’à cinq déménagements successifs. Les transports pèsent aussi sur le budget, avec une dépense moyenne de 94 € par mois, et plus de la moitié des étudiants utilisent quotidiennement leur voiture.
Enfin, près de 9 étudiants sur 10 n’ont pas pu intégrer une école située à moins d’une heure de chez leurs parents, démontrant à quel point la localisation des formations influence les conditions de vie.
Pour la FNEA, ces chiffres confirment que le logement est devenu un facteur clé de précarité et d’inégalités dans les études. L’association réclame une augmentation massive des logements Crous, un encadrement des loyers dans le privé et une revalorisation des aides, pour garantir un accès équitable aux études supérieures.
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