À la suite de la présentation des projets de textes budgétaires pour 2027, la Mutualité Française critique les mesures annoncées dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Elle estime que celles ci reposent principalement sur de nouveaux transferts de dépenses vers les assurés sociaux et les complémentaires santé, sans répondre aux enjeux structurels du système de protection sociale.
L’organisation chiffre la facture attendue en 2027 à plus de 3 milliards d’euros, hors évolution des dépenses de santé. Elle cite plusieurs dispositions : le relèvement à 140 euros du plafond des franchises, la réduction de trois à un an de la durée maximale d’indemnisation des arrêts de travail de longue durée, et plusieurs transferts de dépenses de l’Assurance Maladie vers les complémentaires santé. Ces transferts représenteraient 1,5 milliard d’euros pour des dépenses annoncées cet été et plus 500 millions d’euros pour les dépenses hospitalières. La Mutualité Française pointe également l’alourdissement de 1,1 milliard d’euros de la taxation des cotisations des complémentaires santé.
Sur les arrêts de travail, la Mutualité Française juge que l’approche retenue reste centrée sur les contrôles, la limitation des prescriptions et la baisse du plafond des indemnités journalières. Elle reconnaît l’intérêt du renforcement de la coordination entre médecin traitant, médecin du travail et médecin conseil de la CPAM, une mesure qui vise à favoriser le retour à l’emploi après un arrêt de plus de 30 jours. Elle regrette cependant qu’elle ne s’inscrive pas dans une politique de prévention plus large, associant aussi les employeurs.
Face à cette situation, l’organisation appelle les parlementaires à privilégier des mesures structurelles. Elle propose notamment de renforcer le rôle des mutuelles dans la prévention secondaire afin de limiter le passage de certains patients en affection de longue durée. Elle défend aussi une plus grande coopération entre organismes complémentaires et Assurance Maladie dans le pilotage du risque. Enfin, elle demande la suppression de la hausse de 1,1 milliard d’euros de la taxation des cotisations santé prévue dans le PLFSS, et le retour à 5,5 % de la taxe sur les contrats de complémentaire santé.
Pour Eric Chenut, président de la Mutualité Française, les prochaines échéances doivent permettre de « refonder » le modèle social autour de la responsabilité et de la confiance. Il appelle à associer davantage les prescripteurs et les associations de patients aux décisions, pour parvenir à des choix partagés et à une meilleure maîtrise des dépenses de santé.
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