Après trois années de quasi-stagnation, la consommation d’audioprothèses est repartie à la hausse en 2025. Dans son édition 2026 des « Dépenses de santé », la Drees évalue à 2,1 milliards d’euros les dépenses consacrées aux audioprothèses en France, soit 0,6 % de la dépense courante de santé au sens international (DCSi). Elles progressent de 7,9 % sur un an, une hausse essentiellement portée par les volumes (+7,8 %), tandis que les prix restent quasiment stables (+0,1 %).

Cette reprise succède au pic de 2021, année où les dépenses avaient bondi de 68,7 % et les volumes de 73,7 %, sous l’effet de la montée en charge du 100 % Santé. La consommation avait ensuite reculé trois années de suite : 2,3 % en 2022, 1,1 % en 2023, puis 0,2 % en 2024. Pour la Drees, le rebond de 2025 s’explique par le cycle de rééquipement, après la vague d’équipement de 2021.

Les deux catégories d’aides auditives participent à cette reprise. Les dépenses consacrées aux équipements de classe I, proposés sans reste à charge dans le cadre du 100 % Santé, atteignent 496 millions d’euros en 2025, en hausse de 16,2 % après un recul de 10,7 % en 2024. Elles représentent 23,6 % de la consommation totale d’audioprothèses. Les autres équipements pèsent 1,607 milliard d’euros et progressent de 5,6 % sur un an, après +3,2 % en 2024.
La structure du financement a elle aussi profondément évolué depuis la mise en place du 100 % Santé. En 2025, les organismes complémentaires sont la première source de financement des audioprothèses, avec 48,7 % des dépenses, soit 1,024 milliard d’euros. La Sécurité sociale en prend en charge 23,6 % et les ménages 27,5 %. En 2010, ces derniers assumaient encore 63,3 % des dépenses.
Les écarts sont marqués entre les deux paniers. Pour les audioprothèses de classe I, le reste à charge des ménages est nul : les organismes complémentaires financent 66,5 % des dépenses et la Sécurité sociale 33,4 %. Pour les autres audioprothèses, les complémentaires prennent en charge 43,2 % des dépenses, la Sécurité sociale 20,6 % et les ménages 36,1 %.

La Drees revient également sur l’évolution de cette répartition depuis la réforme. En 2019, l’Assurance maladie et les organismes complémentaires finançaient à peu près à parts égales les équipements de classe I. Depuis 2021, les complémentaires en financent environ deux tiers et la Sécurité sociale un tiers. Pour les autres audioprothèses, la part du financement public est passée d’environ 15 % avant 2019 à environ 20 % à partir de 2021, notamment avec la hausse de la base de remboursement de la Sécurité sociale, passée de 199,71 euros avant 2019 à 400 euros en 2021.
Entre 2019 et 2023, la part financée par les organismes complémentaires pour ces équipements est passée de 25,1 % à 45,8 %, tandis que le reste à charge des ménages diminuait de 58,7 % à 32,7 %. La Drees observe toutefois depuis 2023 une inversion de ces tendances, qui pourrait notamment s’expliquer, selon elle, par une augmentation de la liberté tarifaire des audioprothèses.


Du côté des professionnels, la progression des effectifs se poursuit. La France comptait 4 900 audioprothésistes en 2024, contre 2 600 dix ans auparavant. Les effectifs ont augmenté de 10,5 % en un an. Les salariés hors secteur hospitalier représentent 71,2 % des professionnels recensés, soit 3 500 personnes, contre 1 400 libéraux ou mixtes (28,8 %). Depuis 2020, les effectifs progressent en moyenne de 8 % par an, avec une hausse annuelle moyenne de 9 % pour les libéraux ou mixtes et de 7,7 % pour les salariés. Pour la Drees, cette progression de l’offre semble également répondre à une hausse de la demande d’équipements, liée au vieillissement de la population et encouragée par le 100 % Santé.

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