Lors du 46e Congrès des audioprothésistes, la conférence « Bien entendre pour bien vieillir » animée par Assia Afaifia a réuni plusieurs experts du domaine : François Gernigon, député du Maine-et-Loire ; Valérie Bernat, directrice générale du Gérontopôle des Pays de la Loire ; Pierre Longerna, président du groupe Aides auditives du SNITEM et Jean-Luc Puel, président de l’Association Nationale de l’Audition. Tous partagent le même constat : malgré les avancées du 100 % santé, la prise en charge de la perte auditive reste encore trop tardive. Face à un enjeu de santé publique qui concerne déjà 7,5 millions de Français, la nécessité d’un virage vers la prévention s’impose désormais clairement. Dans ce contexte, le député François Gernigon a annoncé sa volonté d’élargir sa proposition de loi sur la création d’un ordre des audioprothésistes. Initialement centrée sur la structuration de la profession, cette proposition pourrait désormais intégrer un véritable volet prévention, avec l’objectif de mieux organiser le parcours auditif dans son ensemble.
Un enjeu de santé publique aux impacts multiples
La conférence a rappelé que la perte auditive n’est plus considérée comme un simple inconfort. Elle est aujourd’hui reconnue comme un facteur aggravant du déclin cognitif, de l’isolement social, des chutes et de la perte d’autonomie. Si les bénéfices de l’appareillage sont reconnus, le principal problème reste l’âge d’équipement, encore trop tardif alors que les premiers signes apparaissent souvent dès 50 ans. Un consensus se dessine donc autour d’une approche plus globale qui doit agir à la fois sur le dépistage, la prévention, l’appareillage et surtout le suivi, afin d’intervenir plus précocement et d’améliorer durablement la prise en charge.
EHPAD : le maillon faible du suivi
Le manque de suivi constitue l’un des points les plus critiques identifiés lors des échanges, en particulier en EHPAD. De nombreux résidents sont aujourd’hui équipés d’aides auditives mais ne les portent pas, non par refus, mais faute d’accompagnement adapté. Les équipes ne sont généralement pas formées à la manipulation des dispositifs, à leur entretien ou à la détection des dysfonctionnements. Ce déficit de formation entraîne une sous-utilisation massive des aides auditives et limite fortement leurs bénéfices, notamment sur le plan cognitif et sur le maintien de l’autonomie.
Vers une loi intégrant prévention et accompagnement
Le projet de loi de François Gernigon entend répondre à ces enjeux. L’objectif dépasse désormais la structuration de la profession : il s’agit d’intégrer la prévention et le suivi dans une logique de santé publique. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à mieux organiser les politiques de prévention du vieillissement et à reconnaître pleinement le rôle des audioprothésistes dans le parcours de soins. Au-delà du constat, un message fort émerge : il est urgent de passer d’une logique de compensation à une logique de prévention. L’audition doit être intégrée dès la mi-vie dans une approche globale du bien vieillir, offrant aux audioprothésistes l’opportunité de renforcer leur rôle dans le dépistage, l’accompagnement et la coordination des parcours de santé.
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